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| Photo | Texte | Lecteur |
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![]() | Denis Sieffert et Olivier Doubre : Introduction des Débats | |
![]() | Martine Billard | |
![]() | Claude Debons | |
![]() | Claude Ganne | |
![]() | Abd-El-Kader Aït Mohamed | |
![]() | Jean-Luc Mélenchon | |
![]() | Geneviève Azam | |
![]() | Claire Villiers | |
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![]() | François Calaret | |
![]() | Jacques Bourgoin | |
![]() | Ollivier Lafferrière | |
![]() | Roger Martelli | |
![]() | Denis Sieffert | |
![]() | Yves Salesse | |
![]() | Denis Sieffert : Conclusions des débats |
Le texte d’intervention dont nous n’avons pas l’enregistrement et les courriers reçus
La crise dite financière est une chance à saisir
Intervention de Pierre Zarka . Communiste unitaire.
La crise actuelle peut être considérée une chance à saisir. La cohérence du système est mise à nue. Mais aussi, cela fait apparaître combien des mouvements parcellaires aussi justifiés soient-ils ne peuvent que s’échouer sur l’absence de politique alternative et qu’on ne peut se limiter à combattre les effets sans aller aux causes.
Les dominés et exploités vont-ils être capables de se constituer à partir de réalités et d’approches composites, en mouvement politique comme on utilise l’expression mouvement social ?
Bien sûr cela suppose de converger et de faire ressortir le plus large dénominateur commun. Mais ce dénominateur ne nous est pas donné, il est à construire. L’addition des mouvements ne fait pas un mouvement d’ensemble. L’addition de propositions ne rend pas crédibles les conditions de leur mise en œuvre. Où sont les causes communes de nos problèmes ? Où sont les ruptures à effectuer ? Les mouvements doivent-ils ou non se fixer pour objectifs d’arracher les pouvoirs jusqu’à présent réservé aux institutions ? Ce n’est pas une question abstraite : au moment où tant de commentateur invoquent le renflouement de « l’économie réelle » que fait-on ? On demande le retour à davantage d’Etat ? Confondant ce dernier avec démocratie ? Mais c’est cette confusion qui a favorisé les privatisations et l’esprit de délégation. L’expérience des choix des banques et de l’utilisation de l’argent public pose cette question. Que fait-on face à la bulle financière ? On demande aux exploiteurs de revenir au Keynésianisme et de nous exploiter davantage pour la dégonfler ? C’est sur de telles questions que les mouvements sociaux viennent finalement s’échouer….ou que Sarkozy est élu.
L’urgence est de concevoir des repères au-delà du capitalisme ; non pas pour tout définir à l’avance mais pour faire toucher du doigt qu’il peut y avoir un autre avenir. Là réside la perspective qui transforme la multiplicité des situations et des approches en force unifiée.
Ce qui fait l’écho de l’Appel de Politis ne se résume pas à la seule convergence des uns vers les autres. Bien évidemment, pour certains d’entre nous, l’idée d’un Front face aux menées des forces du capital est aujourd’hui leur point d’aboutissement. Et c’est respectable ; je veux dire que la différence de choix et de rythme à propos de la constitution d’une force ne peut être un sujet de discorde. Notre espace pour être au plus près de la réalité doit faire la place à la diversité des investissements et des projets politiques. Personne ne peut entraîner qui que ce soit là où il n’a pas envie d’aller et personne ne peut freiner qui que ce soit d’entreprendre ce qui lui semble nécessaire. En ce qui me concerne, je pense que le franchissement vers une organisation politique est une urgence. Je comprends qu’on ne partage pas mon point de vue mais je veux dire mon état d’esprit. Si l’expérience du passage du social au politique ne se fait pas au moment où la crise est aigüe, je redoute que l’expérience collective qui en découle est qu’un tel passage n’est pas possible.
Or, ce passage au politique ne peut se faire sans rompre avec la dichotomie actuelle mouvements/ politique institutionnelle ou la dichotomie urgence et politique. Et à chaque échéance fondamentale, les frontières actuelles des organisations et partis séparent et éparpillent les forces collectives mais aussi individuelles qui composent la radicalité. La mésaventure de la présidentielle peut se renouveler. Il n’est même pas exclu que des partis institués ou morceaux de partis bougent, évoquent Die Linke, mais pour se réorganiser en prolongeant cette dichotomie. Le temps que les gens dont la plupart ne sont dans aucune structure, mesurent que c’est une impasse et la construction d’une force alternative sera encore plus difficile. C’est pourquoi à la fois, nous souhaitons la participation des partis qui se réclament de la transformation démocratique, mais nous ne pouvons pas attendre leur bon vouloir.
Il n’y aura pas de production de politique sans organisation qui corresponde à ce que doivent être ses auteurs. Cette organisation ne doit exclure personne, ni des forces actuellement instituées, ni des tentatives récentes ni des individualités susceptibles d’y contribuer. Cela implique donc un processus dans la durée. Mais justement la durée nécessaire pose la question de l’immédiateté du démarrage. Il est de la responsabilité de celles et ceux qui sont prêts à y travailler, non pas de définir à eux seuls ce qui doit être mais de donner le signal de l’ouverture du chantier. L’expérience de l’Appel de Politis montre que l’initiative fait force d’impulsion et d’attraction. Personne ne doit par la suite être considéré comme un retardataire, personne ne pourra se réclamer d’un droit d’ancienneté, mais créer les conditions de l’ouverture d’un processus de construction passe par un démarrage qui n’attende pas que, ne voyant rien venir, les forces disponibles s’étiolent.
Intervention de Christine Piguel membre du collège politique des Objecteurs de Croissance.
En réponse à la crise mondiale, sociale, écologique et humaine, nous avons besoin d’offrir, d’étudier et de nous emparer d’un projet politique en rupture radicale, avec le modèle économique et politique dominant. Ce ne sont pas de perpétuels appels à l’unité, nourris par un panel de revendications quantitatives et illusoires, qui nous permettront de sortir de l’impuissance et de remplir le vide de l’espérance émancipatrice.
Personne ne songe à s’opposer à l’appel, initié par Politis.
Permettra-il, cependant, d’offrir à ceux qui souffrent, les outils nécessaires à la résistance, à l’enthousiasme du projet et à la reprise en main de leurs destins ?.
Le système capitaliste dominant et mondialisé, profondément inégalitaire, fondé sur le concept de "développement" introduit par le président américain Truman en 1949, se révèle destructeur de nos milieux naturels et des liens humains qui fondent le vivre ensemble solidaire. Les réponses apportées par la social-démocratie, gestionnaire docile de l’ultra-libéralisme nous conduisent aux mêmes impasses.
Seule une réflexion critique et radicale du modèle productiviste permettra de remettre en cause les notions de croissance et de ses corollaires : développement, pauvreté, perte des biens fondamentaux, concurrence entre les peuples et les individus.
La croissance n’est pas la solution, mais le problème.
L’appel de Politis conjugue les trois urgences sociale, écologique et démocratique. Difficile de faire moins lorsque le dérèglement climatique et la crise énergétique s’accélèrent, lorsque les risques de destruction des écosystèmes menacent directement les conditions mêmes d’existence.
Dans ce contexte, exacerbé par la crise financière actuelle, qu’apporte l’appel de Politis, lorsqu’il invite la "gauche enfin à gauche" à ne plus oublier "la nécessité de redistribuer les richesses" ?.
Nous faisons partie des premières générations à vivre une civilisation sans repère spirituel, sans lien ni repère sacré qui nous unissent à la Terre, sans lien de solidarité entre les peuples et les individus. Nous faisons partie des premières générations occidentales à concevoir, reconnaître, entrevoir que les conséquences, inhérentes à la perte de ces liens, ne sont pas le seul fait de tragédies nationales isolées, mais bien les prémices de catastrophes planétaires majeures.
Nous sommes les premières générations nourries à l’idéologie du PIB, à commencer à admettre que nos destins sont liés, non seulement au destin de l’ensemble de l’humanité, mais également à notre environnement. La réponse de la gauche enfin à gauche serait-elle seulement celle de redistribuer, de façon plus égalitaire, les profits financiers qui sont l’essence même du capitalisme, de l’aliénation des peuples et de la destruction de leurs modes de vie et des écosystèmes.
La gauche enfin à gauche ne remettrait-elle pas en cause, ni le salariat, ni la redistribution des profits monétaires, ni le productivisme qu’elle se targuerait de convertir en un développement prétendument durable.
On imagine que l’aspiration à d’autres mondes possibles serait celle de dépasser l’objectif aliénant que représente la recherche effrénée et vaine, de l’augmentation du pouvoir d’achat.
On imagine que l’aspiration des salariés serait de se débarrasser de l’aliénation du salariat, de la consommation, et de la monnaie spéculative, pour retrouver la maîtrise de leurs usages. On imagine que l’aspiration des populations serait l’autogestion généralisée de la vie et la mise à l’étude de sociétés dont les profits monétaires et le productivisme seraient exclus.
La référence à Die Linke, la notion de codéveloppement montrent que cet appel se situe dans une vision productiviste et techniciste du monde, bien éloignée de celles des écologistes, des altermondialistes et des objecteurs de croissance. Les contradictions et l’absence de projet qui existent entre les signataires, empêchent l’intégration des objectifs écologistes comme ceux anti-capitalistes du NPA.
Empêchant ainsi la création d’un large front de résistance.
Nous sommes nombreux à oeuvrer et à nous mobiliser pour :
qu’un appel prenne en compte les réalités sociales économiques et écologiques tout en intégrant l’indice de développement humain et l’empreinte écologique,
que se refonde une pensée écologiste qui n’envisage pas, de quelque manière que ce soit, la gestion d’un système économique, quel qu’il soit qui ruine l’espérance des vies sur cette planète,
qu’ écologistes, altermondialistes, altermondistes et objecteurs de croissance se rassemblent pour porter un projet de rupture avec ce capitalisme dévastateur et proposent des alternatives émancipatrices aux dominations,
que ce projet écologiste autonome, ouvert et qui accepte de travailler avec d’autres, soit enfin proposé comme une utopie réalisable, qui préserve l’avenir des générations futures, en harmonie avec les autres êtres vivants, avant que ne s’amplifient les catastrophes, la pénurie et la récession.
Ceci est le sens de l’entente de l’écologie radicale, mise en place à Miremont et qui a réuni sept sensibilités. Les prochaines rencontres se tiendront à Avignon, début janvier 2009.
Par ailleurs, nous pensons que, parallèlement et sans occulter ni renoncer à nos propositions, un large front de résistance (pôle de radicalité), doit se mettre en place sur des propositions concrètes d’action ("Urgence climatique, Justice sociale", crise financière, revenu universel) et de luttes, y compris dans le domaine institutionnel.
Nous devons rompre avec le bipartisme et le système majoritaire qui empêche toute émergence d’initiatives en rupture avec l’idéologie dominante.
Si nous privilégions la nécessité de la création d’une entente de l’écologie radicale, nous pensons qu’il est souhaitable qu’un pôle de radicalité se mette en place avec d’autres composantes issues de la gauche alternative et anticapitaliste.
C’est tout le sens de la présence du mouvement politique des Objecteurs de Croissance à cette réunion.
Lettre de Patrick Braouzec aux participants :
Le 11 octobre 2008
L’appel « L’alternative à gauche, organisons la ! », initié par Politis a eu un large écho auprès de ceux qui sont dans l’attente d’une perspective d’alternative politique – Mesurons bien que les milliers de signataires qu’il a rassemblé ne l’ont pas fait pour signer un texte de plus. Mesurons aussi que des milliers (nous en connaissons tous) ne l’ont pas signé, justement parce qu’ils en ont signés déjà, parfois plusieurs sans que la suite soit à la hauteur de leur attente. Certains de ces non signataires sont présents dans cette salle aujourd’hui. D’autres attendent de voir si enfin, cet appel va se transformer en acte politique. Nous ne pouvons les décevoir.
D’aucuns pensent que l’urgence n’est pas au passage à l’acte, que d’autres urgences, sociales notamment, prévalent.
Je suis de ceux qui pense qu’il y a une urgence politique à fédérer tous les militants politiques, syndicaux, associatifs qui ne peuvent se satisfaire d’être ni à la remorque d’un P.S. hégémonique, ni dans la posture purement protestataire qui hypothèque toute perspective politique majoritaire.
Notre responsabilité à tous ici est engagée au moment ou la crise économique et financière s’intensifie et aura des conséquences lourdes sur la vie quotidienne de millions de citoyens.
Il faut construire ensemble des perspectives, des alternatives au libéralisme qui broie autant les hommes que les institutions démocratiques.
Cette fédération doit permettre aux militants, membres d’un parti politique de pouvoir s’y impliquer et aux autres de s’y investir également.
Si ce 11 octobre marquait la naissance de cette fédération de militants, nul doute que le retentissement dans le pays serait très important. C’est à nous de le décider.
Patrick BRAOUEZEC
Député
Lettre de Marie-Georges Buffet à Denis Sieffert
Paris, le 6 octobre 2008
Monsieur le Directeur de la rédaction,
Je vous remercie pour votre invitation le 11 octobre prochain à une rencontre nationale des signataires de l’appel "L’Alternative à gauche, organisons-la !".
Comme vous l’indiquez, je ne me compte pas parmi ces signataires. Le Parti communiste ne pense pas que la priorité aujourd’hui soit l’organisation d’une partie de la gauche dans un cadre permanent pour pallier le manque d’une force incarnant un projet alternatif. Cela ne signifie pas, bien au contraire, que les motivations et la volonté politique qui inspirent cette proposition nous seraient indifférentes. Oui, la gauche connaît une véritable crise d’alternative. Elle n’apporte pas au niveau nécessaire à la résistance à la politique de droite ; et elle ne s’accorde ni sur le contenu d’une autre politique ni sur le type de rassemblement pour la promouvoir. Nous souhaitons pour notre part favoriser une dynamique politique qui puisse combiner confrontation, mise au travail de la gauche sur ces questions, et intervention dans ce débat des citoyens, des salariés, de toutes les forces qui souhaitent contribuer ensemble à des ripostes efficaces et à des réponses progressistes. Ce qui implique, à notre avis, de créer des lieux où ces forces se rencontrent pour construire des fronts sur des objectifs politiques précis, élaborer un projet politique de transformation, peser sur les évolutions du débat portant sur l’alternative à gauche.
J’ai bien compris que votre invitation n’implique pas une adhésion à votre démarche, dont je ne partage pas tous les aboutissants mais qui, comme vous le constatez, ne me heurte pas ! C’est pourquoi je me serais rendue bien volontiers à votre rencontre nationale, mais malheureusement des obligations prises par ailleurs ne me le permettent pas. Je vous prie de m’en excuser et serais intéressée à être informée de ses conclusions.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments.
Marie-George Buffet
















